mar 17, 2009

Tu m'irradieras encore longtemps, bien après la fin

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Je t'ai vu au Bataclan, à l'Elysées-Montmartre, à l'Olympia, au Rex. Je voulais voir ce Mystère.
Garder la possibilité de lâcher la folie, si c'est avec rigueur.
Pousser la stridence des décibels si c'est pour y faire planer l'imaginaire des mots.
Jamais ne refaire la même chose.
On était bien d'accord sur tout.
Tu ne sais pas combien le vide est grand ici-bas depuis samedi.
Je sais que tu voyages en solitaire.

Mais il n'y a pas dix personnes dans la vie qui m'ont donné le cap.

C'est tout. C'est inouï. Merci.

mar 08, 2008

Addenda

Placées en exergue du livre magnifique d’Annie Ernaux Les années, quelques lignes d’ Anton Tchékhov :
_Oui. On nous oubliera . C’est la vie, rien à faire. Ce qui aujourd’hui nous paraît important, grave, lourd de conséquences, eh bien, il viendra un moment où cela sera oublié, où cela n’aura plus d’importance. Et, c’est curieux, nous ne pouvons savoir aujourd’hui ce qui sera un jour considéré comme grand et important, ou médiocre et ridicule. (…) Il se peut aussi que cette vie d’aujourd’hui dont nous prenons notre parti, soit un jour considérée comme étrange, inconfortable, sans intelligence, insuffisamment pure et, qui sait, même, coupable.
Placés à la suite d’une dernière image de Fred Chichin, ces mots empreints de nostalgie n’ont rien d’euphorisant. Ma lecture précédente La route de Cormac Mac Carthy était bien pire encore dans son évocation cauchemardesque d’un avenir possible et proche de l’humanité. Deux chef-d’œuvres pourtant.

Et puis

ce blog, je l’avais oublié, histoire ancienne, aucune trace en mémoire,

quand tout à coup une rencontre.

Une ex-lectrice se manifeste, rencontre, dîner à trois, esprit, rires, on se plaît c’est fou, non ? mais pas tant que son aveu : son amoureux et elle-même se sont rencontrés dans les commentaires de ce blog !
Mars 07. J’avais demandé aux lecteurs d’écrire un roman Le Robinson roman, expérience assez vite capotée, les moi-je-blogueurs n’ont que peu de goût pour l’échange et la création en commun, j’ignorais à quel point. Peu importe finalement puisque tout se tramait love story à mon insu, au fond des commentaires.

Me voilà devenu meetic malgré moi, mais avec succès.

Je peux fermer définitivement sans aucun regret.

nov 29, 2007

Rock à ton âme

 

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"C'est la mort qui t'a assassiné, Marcia"

nov 09, 2007

hello Dernière

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J’arrête ici.

Pas le sentiment d’avoir trouvé une vraie place à ce blog, mal calé, un peu bancal, un coup dans un sens, un coup dans l’autre.

Celui encore plus évident de n’être pas à ma place ici.

Et plus le temps de lire.
Envie de retrouver mes bouquins.
 
Je remercie tous ceux qui sont passés, les quelques fidèles comme les anonymes.
Particulièrement ceux qui figurent dans la liste des liens.
Merci de tous vos textes, vos humeurs, votre humour. 

Trois blogs, trois personnes derrière leurs pseudos m’ont marqué par la forme réellement adaptée à ce support blog :
Presquepresque, Charlotte (you’re the Best !) et dernièrement A@T.
Je voudrais leur dire un grand Bravo à cette occasion. Les remercier de leur talent.

IL est possible que je revienne, mais dans une forme radicalement différente.
Wait and see.

Bon vent.

Bisezébaisers.

hellohlala  
 

nov 05, 2007

Sur terre, pas au ciel

Secret sunshine de Lee Chang-Dong s’ouvre par une image vers le ciel et finit par un plan de terre (boue sale) caméra vers le bas.

C’est ici que ça se passe, pas là-haut.

Aux 2/3 du film, un plan magique, le visage de la comédienne Jeon Do-Yeon cadré très serré.
Plan fixe long. Silence. Visage lisse, pas une ride, pas un cillement, pas une respiration, à peine dans les yeux, presque rien. On lit pourtant tout ce qui bascule en elle, la révolte inouïe dans l’esprit de cette femme. Elle fait une conversion à l’envers, Dieu ne mène à rien, tout s’effondre. La folie s’installe. Vengeance.

Miracle.
Jeon Do-Yeon, Prix d’interprétation féminine à Cannes.

nov 03, 2007

Comment j’ai eu le Goncourt

Paris, un jour de novembre 2005. Il est presque treize heures, zut, frigo vide, direction Franprix, je descends m’acheter un truc à déjeuner. La rue Saint Augustin semble bouchée, tout au bout, vers la Place Gaillon, des voitures et camions émetteurs télé sont garés dans tous les sens. Je vais voir (des fois qu’il se passerait quelque chose).
Une centaine de personnes est là, beaucoup de photographes de presse, cameramen, qui semblent attendre l'arrivée, de qui ?

Devant le restaurant Drouant.

Mais évidemment, pauvpomme, c’est le Goncourt !
Je lis pas mal (beaucoup en fait) et le Goncourt je m’en tape. Mais  cette année, c’est Weyergans contre Houellebecq, Trois jours chez ma mère contre La possibilité d’une île, un ancien contre un moderne, un gentil contre un méchant, Grasset contre Fayard,  Libération contre Le Monde, etc.
 
Voilà le décor.
Et comme j’ai toujours un appareil photo sur moi, la suite en images.
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 Frédéric Beigbeder (éditeur chez Flammarion, que Houellebecq -grand favori de ce Goncourt- a quitté justement, argh) et qui n’a donc rien à foutre là, sinon faire le Beigbeder.
 
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Ca y est ! Le jury s’est prononcé (alors ?). L’attachée de presse de Weyergans  frôle la crise cardiaque, s’éponge le front avec son téléphone qu’elle ne quitte pas, répète en boucle J’ai cru mourir aux journalistes.
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Des salons du 1er étage de Drouant, le jury vient minauder pour les cameramen. Edmonde Charles-Roux salue la plèbe.
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Tout ça c’est gentil, les amuse-gueule, mais on attend le vainqueur, le Goncourt.
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Un taxi (normal) arrive (pas une Rolls). C’est la ruée. Le taxi est bloqué. Les photographes, cameramen agglutinés flash shootent à travers les vitres du flash taxi empêchent le passager de sortir c'est n'importe quoi aux abois curée hystérie.
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Ca dure dix bonnes minutes cette folie avant que le passager, c’est Weyergans, puisse passer la tête, et s’extirper de la voiture.
Je n’ai qu’à peine bougé, à l’opposé de la meute, je suis là en touriste.
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N’empêche, alors que la mêlée tente de rallier le restaurant, ça pousse derrière, ça bloque devant, dix mètres, dix minutes, dix interviews, je tends le bras au-dessus du chaos et shoote au jugé. Ca y est. J’ai eu le Goncourt. Je peux aller acheter ma pizza.
Et déjeuner tranquille. 

 
 
 
 
 

oct 31, 2007

Sa femme aussi

Les taxis, on ne choisit pas, c’est le premier qui vient, hop, let’s go. Une fois en route il a envie de parler. Ca arrive, et tant que les chauffeurs ne me déversent pas des horreurs à tendances politicobeauf extrêmes, je collabore.
 
Il est chinois.

La quarante cinq cinquantaine déplumée, il est assis sur un coussin pour avoir le volant à hauteur des épaules. Très petit vraiment dans sa caisse. Jette un oeil de temps en temps dans le rétro intérieur. Mes mallettes et sacs, le pied photo, monsieur photoglaphe ?

Je savais que ça allait arriver.
Faut dire ce que je fais et pourquoi et pour qui (mine de rien, tout ça en douceur) et pour combien. Il envie mon métier, tu parles charles, alors que taxi, non. Mais il ne se plaint pas.
C’est pas ça le problème. Ah bon (il y a donc un problème ?)

Ca roule.

Comment en est-on arrivé à parler de sa femme, je ne me rappelle plus, quand au détour d’une phrase, un détail me fait dresser l’oreille, j’ai dû mal comprendre.
Je lui fais répéter : votre femme est danseuse ? (le gros mot est prononcé) Oui. Il n’a pas l’air enthousiasmé. Comme la honte.
Au lideau. Rideau ?

Au Lido.

Merde ! la femme de ce petit chinois de rien du tout est danseuse au Lido ?

Il doit lui arriver au nombril, pas loin. C’est un peu Marylin et Miller, j’imagine ça comme ça, elle en -beaucoup- plus élancée, lui en beaucoup plus petit. J’imagine les plumes, les strings, les coiffures, les talons 12 cm, les escaliers en faux diamants à descendre remonter, tout le cirque. Avec le sourire glamour faux cils.
Et il m’explique le problème. Tous les soirs sa femme rentre tard. Fatiguée. Et c’est l’usine paraît-il, l’après-midi, le soir, et discipline de fer, et toujours le même spectacle  Ils ne font que se croiser. Je compatis, A quel point la vie est mal faite etc.


Et vous, danseuse aussi ?
Un peu comme On est collègues vous et moi finalement.

oct 29, 2007

Within without you

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On est entré dans la grisaille.

Lumière glauque, c’est un peu la Laponie en ville, sans les rennes (mais des vélibs) et aujourd’hui des containers king size de boules de Noël ont débarqué à Monoprix comme par miracle.
Pas d’Halloween ? ça marche plus ? pas vu la queue d’une sorcière d’une citrouille.
Je déteste cette période brouillasseuse. Premier novembre chrysanthèmes pour installer l’ambiance et ça va durer jusqu’à Noël.

Ca fait long.

Comme si on devait en plus se repentir (de l’été sans soleil), comme un retour de réflexe judéo-chrétien. Manquait plus que ça.
 
Baby, Ive been waiting
Ive been waiting night and day
I didnt see the time
I waited half my life away


Je ne savais pas qu’on passait à l’horaire d’hiver, détail, et quand tu n’es pas là je ne fais plus trop la différence, le jour, la nuit, lire, sortir, travailler, manger, photoshoper, écrire, lire, dormir, blogger, boire.

You wouldnt like it baby
You wouldnt like it here
Theres not much entertainment
And the critics are severe
The maestro says its mozart
But it sounds like bubble gum
When youre waiting
For the miracle to come


Je n’attends rien (rien de rien, non) je ne regrette
à part toi.
Je mets une photo d’after pour montrer à quel point j’y crois (pas de bois, hein).

(Paroles extraites de Waiting for the miracle de Leonard Cohen) 
 

oct 27, 2007

Message of love

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Elle est partie.
Quand le réveil a sonné, 05h 30, du bout du pied je lui ai fait des guilis qui ont dû trouver une cible intéressante (pas senti au juste où mon orteil chatouillait, quoique…) je l’ai entendue rire.
Après, c’est flou, le bruit de sa tasse de café (si jamais une tasse de café peut faire du bruit, mais enfin, passons, vous comprenez bien que je n’ai pas eu la conscience de me lever, j’ai peut-être été lâche).

Un post–it sur la table du salon.
Mille bises biche je t’aime
  
Now the reason we're here
As man and woman
Is to love each other
Take care of each other
When love walks in the room
Everybody stand up
Oh it's good, good, good
Like Brigitte Bardot


Yes, stand up, je me suis levé -deux heures plus tard- et donc ce post-it of love, Elle est adorable.
J’ai hésité à scanner le post-it (et révéler l’aspect zoophile de notre relation. Mais pas plus que vous, comme chez tout le monde, hein, pas déconner, je connais des canards, des chatons, des lapins, des, Vous savez bien. Ou vous êtes restés à chéri -passe-moi la salade- ou mon chéri -rayon chocolats - sans pousser l’imagination ?) et puis zutàlafin, scannons tout. 
 
Elle est partie.
Brignolles, Istres, Marseille, etc. cinq jours. Silence. Froid dehors et dedans. La zone commence, tiens, quoi de neuf sur YouTube, bof, zappe et me retrouve à glander à moitié à poil sur le coup de 11h. à m’enfiler tout ce que je trouve des Pretenders, whouais ! l’élégance, la classe de Chrissie (recommence à vivre). I love you (Chrissie, je suis seul jusqu’à mercredi). 

Now look at the people
In the streets, in the bars
We are all of us in the gutter
But some of us are looking at the stars
Look round the room
Life is unkind
We fall but we keep gettin' up
Over and over and over and over and over and over


She’s gone.
Je look at the people dans les rues, dans les bars, et dans le quartier toutes ces petites japonaises, c’est mignon. Enfin, cinq minutes, pas plus, parce que la barre est placée haut, c’est Elle ou Chrissie Hynde ou rien. 

Me and you, every night, every day
We'll be together always this way
Your eyes are blue like the heavens above
Talk to me darlin' with a message of love


Les petites japonaises peuvent toujours s’accrocher. Ca va être dur pour elles.
J'voudrais pas être à leur place.

Now the reason we're here
Every man, every woman
Is to help each other
Stand by each other
When love walks in the room
Everybody stand up
Oh it's good, good good
Say I love you, I love you, I love you, I love you, I love you, I love you


Talk to me darlin'
Yes. Mais gaffe, Chrissie c'est plutôt le genre panthère. Même si je sais qu'elle est végétarienne. Tout va bien.

(paroles de Message of love: Chrissie Hynde, 1981) 
 

oct 25, 2007

Fils de, fille de (c’est pour un casting)

Hell en moi, c’est quand j’ai vu la une du Parisien tout à l’heure : 
Le fils de Sarkozy et la fille de Tapie, ensemble, au théâtre, dans les rôles d'une pièce jouée autrefois par De Funès.

N-o-n ! (%ƒÌ® ??!) *voir en bas de la note
 
Sur le cul.

Jusqu’où les frontières du foutage de gueule vont-elles s’effilocher ? Mais peut-être qu’on n’en est déjà plus là.
Le fils de, espèce de jeune bellâtrebeurk freluquetblondiné, tu l’as vue ma mèche ? estampillé pur grain NAP. La fille, pas vue plus que ça, moins mise en  valeur par la photo.

Le théâtre privé a le don de révéler des rigolos dans le genre comique troupier (comme les deux abrutis qui font la pub de la mate mute).

Et les comédiens qui se sont avalé le Conservatoire, et surtout les comédiennes, ont du mal à trouver du boulot. Pas de rôles pour elles. Déjà que le cinéma français mourra à être incestueux à répétition, fils de, filles de, innombrables dans les castings, on reste en famille.

Le blondinet c’est pas celui qui a empaffé une bagnole Place de La Concorde ? L’a l’air rock’n roll celui-là. Version guimauve.
 
Rectificatif : ce soir même 25 oct. à 19h 51, Le Figaro en ligne corrige.
Jean Sarkozy a réfléchi. Tout seul et sans aucune pression de sa famille, il a décidé de ne pas jouer la pièce pour donner la priorité à ses études.

Correctif : Guimauve tendance girouette.